De Gauche ?
Les éditions Fayard viennent de publier, sous la direction des sociologues Alain Caillé et Roger Sue, un ouvrage collectif intitulé De gauche ? Les deux coordonnateurs et le noyau des contributeurs viennent de la Revue du MAUSS, lancée en 1981. Le MAUSS est (...)
L’habermaussien Frédéric Vandenberghe établit ici un pont entre le MAUSSisme et le catholicisme (mais aussi, donc, entre chacun de ces « points de vue » et celui de l’un des plus illustres représentants de la sociologie allemande et plus précisément de l’Ecole de Francfort, Jürgen Habermas) en traduisant la théorie de l’action d’Alain Caillé et les considérations de Jacques T. Godbout sur le don dans un « langage encyclique ». Un exercice « œcuménique » effectué à la Cité du Vatican lors de la XIV ème session plénière de l´Académie pontificale des sciences sociales en mai 2008. Communication - on reconnaît ici davantage Habermas que Caillé ou Godbout - devient communion ; don, donation ; et sympathie universelle parmi les hommes, amour personnel et spirituel des êtres humains avec et en Dieu. Remarquons au passage que le même exercice pourrait être tenté avec les propositions normatives des deux parties, qui découlent de leurs visions de l’homme : chacune plaide pour les corps intermédiaires, censés pour les uns (les MAUSSiens) redonner du souffle à la démocratie, et pour les autres, porter le souffle de l’Esprit. (Cf. ici la Théorie anti-utilitariste de l’action d’ Alain Caillé et là, Ce qui circule entre nous , de Jacques T. Godbout.) SD
L’approche par le don peut-elle contribuer à éclairer la tension entre les exigences éthiques de la subsidiarité et de la solidarité ? Voilà qui pose ensemble les questions de la juste répartition des biens et le lien social. Cette conférence prononcée dans une conférence plénière au Vatican constitue une synthèse remarquable des travaux de Jacques T. Godbout, qui en profite pour illustrer son propos en égratignant au passage Marie de l’Incarnation ! L’auteur y défend la thèse suivante : « Le don comme mode de circulation des choses entre nous tient compte de cette tension entre solidarité et subsidiarité, alors que l’État et le marché ne conçoivent cette tension que négativement. » Car le système du don, dit en substance notre auteur, permet de prendre en compte le risque constitutif de cette tension dynamique, à rebours des systèmes étatiques et marchands qui tendent à éliminer l’arbitraire et l’indétermination constitutive de tout groupement humain. F.G.
Ce texte, produit suite à la rencontre de Bayeux entre Objecteurs de croissance et MAUSSiens de septembre 2007, est reproduit ici avec la plus aimable autorisation de nos amis de la Revue ENTROPIA.
En ces temps de crise et, à certains égards, de déjà vu, nous publions ici un extrait du pamphlet du socialiste Paul Lafargue, publié en 1887. Il s’agit probablement d’un des premiers textes faisant équivaloir, sur une base substantive, religion et capitalisme, un thème depuis repris de manière récurrente à la gauche du spectre politique et encore récemment par nos amis Serge Latouche et François Fourquet, ainsi que par Dany-Robert Dufour dans son livre récent Le divin marché. La révolution culturelle libérale, Paris, Denoël, 2007. Aux croisements des réflexions sur le statut du religieux en modernité et sur la nature de la crise actuelle.
Juan Garriga Gonzalez est présentement étudiant à la maîtrise à la Faculté de Sciences Sociales et Économiques (FASSE) de l’Institut Catholique de Paris. Nous publions ici un extrait de son mémoire de maîtrise en théologie.
L’avenir de l’Université est lié à sa capacité à rompre avec la parcellisation des savoirs qui menace son idéal humaniste, démocratique et civique. Cette rupture n’implique pas, bien au contraire, de tirer un trait sur la logique disciplinaire : il s’agirait simplement de réduire le nombre des disciplines et de les faire dialoguer en affrontant les débats théoriques et épistémologiques que ces dialogues font émerger. SD
L’objet de Marx n’est ni l’économie, ni la société, ni l’histoire, mais le « social-historique », c’est à dire une norme et un mouvement historique vers son actualisation. Cette norme, c’est la démocratie, qui n’est pas celle de la bourgeoisie libérale, celle des droits de l’homme, illusoire ; elle s’appelle autonomie dans le langage de Castoriadis, un état social qui conjugue liberté et égalité et que traduit le mot grec iségoria. Et ce mouvement, c’est le communisme. En bref, J.-L Prat nous rappelle par sa lecture croisée de Marx et de Castoriadis qu’en deça d’une critique du capitalisme, on trouve dans l’oeuvre de Marx une critique de la démocratie libérale. S.D.
Pour alimenter la discussion autour du Manifeste pour refonder l’Université française
Toujours et partout, on « se chambre », on « s’envoie des vannes » « à qui mieux mieux », mais selon un étiquette toujours singulière. On est là en présence d’un universel anthropologique non invariant, une façon de s’allier en rivalisant typique du potlatch. S.D.
Colloque international. Du samedi 13 juin au samedi 20 juin 2009. Cerisy-La-Salle. Par ordre d’intervention : Alain CAILLÉ, Frank ADLOFF, Norbert ALTER, Luis CARDOSO DE OLIVEIRA, Philippe CHANIAL, Jacques T. GODBOUT, Gérard POMMIER, Jean François BERT, Marcel HÉNAFF, Karen SYKES, Sophie CHEVALIER, Keith HART, Jean-Louis LAVILLE, David GRAEBER, Alexandre GOFMAN, Francesco FISTETTI, Jonathan PARRY, Marcel FOURNIER, Jane I. GUYER, Heonik KWON, Camille TAROT, Jacques PIERRE, François GAUTHIER, Richard HYLAND, Raymond VERDIER, Bruno KARSENTI, Vincent DESCOMBES, Naoki KASUGA, Thierry WENDLING, Elena PULCINI, David LE BRETON, Roberte HAMAYON, Paulo Enrique MARTINS, Catherine ALÈS, Ruben George OLIVEN, Christian PAPILLOUD, Ilana SILBER, Wendy JAMES, Bruce KAPFERER, Irène THÉRY, Roger SANSI, Gérald BERTHOUD, Sylvain DZIMIRA, Nick ALLEN
Une analyse critique des nouvelles politiques nationales et européennes en matière de protection sanitaire et sociale.
Un point de vue sur la crise financière et les pratiques des banques coopératives.
Charles Gide (1847-1932) a saisi l’occasion de ses cours au Collège de France sur la Coopération pour interroger les relations entre le programme coopératiste et les écoles socialistes. L’occasion pour nous de proposer ce court passage, dans lequel il présente les traits caractéristiques du socialisme pré-marxiste.
Le principe d’association a constitué le cœur du projet politique des socialistes « utopistes » qui en faisaient le moteur d’une réforme de l’ordre social. Une doctrine qui a conservé toute sa modernité.