Au fil de l’actualité : prises de position, discussions, controverses, mais aussi informations de tous ordres sur l’actualité intellectuelle, la vie du MAUSS, etc.

Le trésor perdu du socialisme  [fr]
Jean-Claude Michéa | 31 janvier 2012
« En ce moment – écrivait George Orwell en 1937 – la seule attitude possible pour tout individu honnête (for any decent person), que son tempérament le porte plutôt vers les conservateurs ou plutôt vers les anarchistes, c’est d’œuvrer pour l’avènement du (...)
Le MAUSS est en danger | APPEL URGENT AUX DONATEURS ET BIENFAITEURS
Réunions-débat de La Revue du MAUSS 2011-2012 | Attention : prochaine réunion samedi 3 décembre 2011 à 10 heures
La première séance du séminaire annuel consacré à Pierre Bourdieu par le Laboratoire Sophiapol | Samedi 10 décembre 2011. 10h00-12h00. l’Université Paris Ouest-Nanterre La Défense, bâtiment D, salle 201b.
Colloque "Henri Lefebvre : une pensée devenue monde" | Les mardi 27 et mercredi 28 septembre à l’Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense.

Critiques et brèves de lecture MAUSSiennes

Lutter contre la pauvreté, mais seulement à moitié
A propos de "Le développement humain. Lutter contre la pauvreté", d’Esther Duflo
Rejetant dos à dos les approches purement positives ou normatives traditionnelle basées sur divers modèles qui selon Esther Duflo n’ont pas fait leurs preuves, l'auteur préconise la généralisation des évaluations aléatoires (randomized controled trials, RCTs) (...)
› Note publiée le 2 février 2012 par Charlie Joyez
L’égalité des singularités, ou l’achèvement de l’Etat-providence
A propos de "La Société des égaux", de Pierre Rosanvallon
› Note publiée le 19 janvier 2012 par Véronique Taquin
Heurs symboliques et malheurs traumatiques ou l’effondrement de la fonction paternelle chez les peuples algonquiens du Canada

Pour poursuivre sur le croisement de la psychanalyse avec la science sociale (Cf. le Revue du MAUSS n° 37 et n° 38, 1er et 2e semestres 2011), ces deux textes de l’anthropologue québécois Jacques Leroux à partir de ses observations chez trois peuples algonquiens. Le premier texte était consacré au concept gestion patrimoniale (cf. http://www.journaldumauss.net/spip....), le second, ci-dessous, à la fonction paternelle.

Éthique et symbolique de la responsabilité territoriale chez les peuples algonquiens du Québec

Pour poursuivre sur le croisement de la psychanalyse avec la science sociale (Cf. le Revue du MAUSS n° 37 et n° 38, 1er et 2e semestres 2011), ces deux textes de l’anthropologue québécois Jacques Leroux à partir de ses observations chez trois peuples algonquiens. Ce premier texte est consacré au concept gestion patrimoniale, le second (cf. http://www.journaldumauss.net/spip....) à la fonction paternelle.

Les fondements de la vie sociale et la religion

Dans ce court texte, Étienne Autant revient sur la question du caractère religieux ou non des fondements de la vie sociale. Les fondements de nos sociétés modernes, s’ils sont sacrés, sont-ils pour autant religieux ? L’auteur tranche en rejoignant Marcel Gauchet contre une perspective plus durkheimienne selon laquelle la modernité se serait bien déprise de ses fondements relevant d’un monde autre. L’un entraînant l’autre, l’auteur plaide ainsi en faveur d’une définition restreinte de la religion dont le foyer dernier résiderait dans la subjectivité et non dans le symbolique et le social. FG

Le médecin est-il aussi un guérisseur ?

Les médecins sont-ils des guérisseurs ? Mais d’abord, qu’est-ce que la guérison ? Et quels sont ses rapports avec le don, la transformation et le pouvoir ? Ce projet de recherche a été mené au Centre hospitalier universitaire mère-enfant Sainte-Justine de Montréal, un hôpital de haut niveau desservant une population multiculturelle.

Clinique des altérités : enjeux et perspectives aujourd’hui

Autour de l’altérité : quelques axes possibles d’échanges et de construction d’objet entre anthropologie et psychologie clinique. Un texte qui repose sur les échanges chaleureux que l’auteur a pu avoir avec Marcel Drach, Monique Sélim et Bernard Hours, et avec le regretté Gérard Althabe.

Le Supplément du MAUSS est le prolongement gratuit et en ligne de La Revue du MAUSS semestrielle. On y trouvera des articles et des working paper archivés sous forme de dossiers thématiques ainsi que des conférences audio et vidéo.

Penser l’institution et le marché avec Karl Polanyi  [fr]

Jérôme Maucourant et Sébastien Plociniczak figurent parmi les meilleurs connaisseurs français de l’œuvre de Karl Polanyi (cf. la réédition toute récente dans la collection Champs, de Flammarion, du livre de J. Maucourant, "Avez-vous lu Polanyi ? ", avec une préface par A. Caillé). Nous reproduisons ici cet article paru dans La Revue de la Régulation, en décembre 2011, qui fait très utilement le point sur le rapport de K. Polanyi à la pensée insitutionnaliste. A. C.

Pour une anthropologie clinique contemporaine  [fr]

Dans ce texte généreux, l’auteur aborde les rapports entre anthropologie et psychanalyse d’une manière vive et pertinente qui complète à merveille les numéros 37 et 38 de la Revue du MAUSS semestrielle. Fort d’une longue expérience clinique auprès de personnes en situation de précarité extrême en France et en Afrique, Olivier Douville jette les bases d’une véritable rencontre de l’anthropologie et de la psychanalyse dans une perspective clinique, mais sans sacrifier l’épistémologie et en égratignant au passage l’une et l’autre discipline ainsi que la psychologisation de la vie sociale qui y sévit. F. G.

Le mérite est-il utile ?  [fr]

Par Dominique Girardot, un utile complément à son beau livre, "La société du mérite. Idéologie méritocratique & violence néolibérale", Le Bord de l’eau, 2011, préface par A. Caillé et Ph. Chanial.

Pierre Clastres et le problème de l’émergence de l’État  [fr]

Selon Pierre Clastres, les sociétés sans État sont des sociétés contre l’État. Mais alors, comment surgit l’État ? L’auteur n’avait pas trouvé la clé permettant de résoudre un tel paradoxe, mais ses idées permettent de penser – contre l’hégémonie de l’évolutionnisme – à l’émergence de l’étatique comme dynamique qui apparaît en extériorité par rapport à la logique sociale dominante dans les sociétés non étatiques. En partant de cette prémisse, cet article considère trois scénarios qui peuvent favoriser l’apparition de liens étatiques – celui des guerres de conquête ; celui des contextes urbains initiaux ; et celui de royautés sacrées – et analyse très brièvement le contexte correspondant à la naissance de l’État dans l’Égypte Ancienne, où les trois scénarios signalés ici pourraient avoir été présents. M. C.

Felicità e beni relazioni  [fr]

Presque inconnue en France, une certaine pensée économique italienne contemporaine est très vivante… et proche du MAUSS. Deux courants méritent particulièrement d’être signalés : l’école de "l’economia civile", qui montre comment depuis des siècles, en Italie, on fait la théorie d’une économie de marché non prédatrice et dévastatrice. L’équivalent, en quelque sorte, pour l’économie, de ce que l’humanisme civique (ou républicain) est au libéralisme selon Pocock ou Quentin Skinner. L’autre école est celle de "la felicità", qui développe une réflexion originale sur les conditions du bonheur. Luigino Bruni, qui se situe au confluent des deux écoles, présente ici de manière synthétique les réflexions de l’école de la felicità, et s’attarde plus particulièrement sur la notion de biens relationnels, "beni relazionali". Autrement dit, et pour le formuler dans le langage du MAUSS, de tous ces biens dans lesquels le bien importe plus que le lien. À noter plus particulièrement, peut-être dans ce texte, sa dimension autocritique, courageuse et importante. Alors que la réflexion sur le bonheur et sur les biens relationnels permet une critique à la fois solide et bien argumentée de la pensée économique dominante, il apparaît qu’elle débouche, dans le sillage du dernier Amartya Sen, sur une relativisation de l’idéal du bonheur, comme on le voit à la fin de cet article de Bruni. Car il peut être plus important de faire ce qu’on croit être bien que de viser son bonheur. Où il apparaît que parfois, non seulement le lien importe plus que le bien (au sens de l’utile, et du bonheur), mais que le bien (au sens de ce qui est éthiquement souhaitable) importe plus que le bien (au premier sens) et que le lien. A. C.

La nouvelle économie politique des communs : apports et limites

Que peuvent apporter, dans la réflexion sur le « commun », les avancées qui ont été produites à la lisière de la science économique et de la science politique, sur les « communs » (commons) ? Plus précisément, que peut nous enseigner la « nouvelle économie politique des communs », dont l’une des représentantes les plus connues est Elinor Ostrom, « prix Nobel d’économie » en 2009 ?

Massification ou démocratisation de l’enseignement supérieur ? Un débat mal posé

Ce texte constitue le matériau d’une conférence tenue à l’université de Lille 1 le mardi 11 janvier 2011 dans le cadre d’un cycle des "Rendez-vous d’Archimède" consacré à l’Université. Deux autres conférences suivront : le mardi 8 février, Roland Gori sur le thème : "L’évaluation comme servitude volontaire" ; le mardi 15 mars, Christophe Charles, "Le projet universitaire républicain de la IIIe à la Ve République, science, démocratie et élites".

El antiutilitarismo y la descolonización del pensamiento latinoamericano sobre globalización [pt_br]

En Amérique latine, il y a un sentiment négatif très fort à l’égard du néolibéralisme, mais il est diffus et imprécis. Il manque, à mon avis, un débat plus rigoureux sur les fondements philosophiques et épistémologiques de la pensée dominante mondiale, ce qui exigerait une discussion sur la nature de l’utilitarisme, sur celle de l’anti-utilitarisme et sur leurs présences ambiguës dans le champ des sciences sociales en Amérique Latine. Si je constate que nous avons beaucoup avancé en ce qui concerne la critique de la colonisation des savoirs et des pouvoirs, c’est loin d’être le cas concernant la discussion sur l’anti-utilitarisme ; celle-ci reste très mal comprise dans les milieux académiques. Pour faire avancer le débat, il me semble qu’il faut articuler les approches théoriques anti-utilitariste et post-coloniale autour d’un but très noble du point de vue politique : la dénaturalisation de l’idéologie néolibérale qui a produit des conséquences néfastes dans la région. Les anti-utilitaristes peuvent offrir aux post-colonialistes des informations singulières sur la nature du capitalisme du marché et sur les issues anticapitalistes ; les post-coloniaux peuvent apporter aux anti-utilitaristes leurs réflexions originales sur l’importance des traditions émancipatrices ; sur les résistances politiques, culturelles et symboliques, toujours vivantes ; et sur les savoirs déconstructionnistes, susceptibles d’aider les antiutilitaristes à organiser une critique universaliste et différenciée. Le fait que je sois adhérent au MAUSS et dirigeant de l’ALAS (Association LatinoAméricaine de Sociologie) a facilité la rédaction de cette synthèse théorique. P. H. M.

Organisation paysanne au Brésil : capital social, réciprocité et valeurs humaines  [fr]

Les organisations productives paysannes brésiliennes en prise avec le marché s’étayent sur des valeurs (confiance, loyauté, justice) qui sont inscrites dans les relations de réciprocité qu’entretiennent les personnes, ou encore dans le don. Que l’économie n’est pas un ordre autonome qui obéit à ses seules lois prétendument naturelles ...

Teoria e Prática em Economia Solidária. Problemática, Desafios e Vocação [pt]

Un beau panorama de l’économie populaire et solidaire au Brésil qui pointe sur les enjeux politiques de sa consolidation, précédé d’une présentation fort synthétique du cadre conceptuel que Genauto Carvalho de França Filho se donne pour l’appréhender.

Les textes ici présentés rendent compte des pratiques associationnistes dont sont porteurs les mouvements sociaux, l’économie sociale et solidaire ou encore les formes nouvelles de l’engagement démocratique.

La mort de mon grand-père.
Grandeurs et misères d’une génération. Grandeurs et misères du Québec

Après les souvenirs de la vie d’autrefois à Peyriac-Minervois (http://www.journaldumauss.net/spip....), voici ceux que François Gauthier nous livre après le décès, survenu au printemps 2011, de son grand-père et la disparition de toute une génération québécoise.

Mon village entre les deux guerres

On lira ici avec un grand intérêt et une certaine émotion, je crois, les souvenirs d’un habitant d’un village du Languedoc (Peyriac-Minervois), aujourd’hui âgé de plus de quatre-vingt dix ans, qui se souvient et nous dit à quoi y ressemblait la vie aux alentours de 1930. Son récit commence comme une énumération des métiers et des occupations des uns et des autres puis, peu à peu, la liste devient récit de mille petites choses, presque insignifiantes et pourtant si parlantes. Plusieurs choses sont frappantes. D’abord l’extrême dureté des conditions matérielles d’existence. Il n’y a aucun confort, la nourriture est pauvre. Le travail très pénible, surtout quand, de surcroît, il faut faire une cinquantaine de kilomètres chaque jour sur des vélos incertains et sans dérailleur pour y aller et en revenir. Mais, pour l’essentiel, le village vit en quasi-autarcie. Il forme une sorte de microcosme presque autosuffisant, comme en atteste l’incroyable quantité et diversité des métiers repérés par l’auteur de ce récit qui a souhaité rester anonyme. Une profusion et une variété qui laissent songeurs à notre époque ravagée par un chômage endémique et l’indifférenciation ou l’insignifiance relative des emplois, qu’ils soient précaires ou stables. Dans cet univers rural des années 1930, au contraire, chacun a un métier et une position spécifiques, aussi modestes soient-ils. Or, si Peyriac est un chef-lieu de canton – quand même ! –, il comptait à l’époque bien moins de mille habitants (et guère plus aujourd’hui). Imagine-t-on aujourd’hui neuf épiceries, deux boucheries, trois boulangeries, quatre laitiers etc. pour si peu de gens ?
Mais le plus saisissant, dans ce document, c’est la mémoire du narrateur. Doublement saisissante, en fait. D’abord pour l’exploit mnésique lui-même. À son âge ! Mais ce n’est pas, si l’on y réfléchit, le plus extraordinaire (encore que…). Non, le plus étonnant est de constater – puisque l’on s’en souvient encore à ce point – à quel point chacun comptait, était vivant et visible aux yeux de tous. Incarnait un être-au-monde spécifique et donc précieux. On voit là, en somme, rétrospectivement, un univers de socialité primaire extraordinairement dense et cohérent. Et mille choses encore, que je laisse au lecteur le soin de découvrir, s’il est un tant soit peu curieux du monde d’hier. A.C.

Du gouvernement à la gouvernance : crise ou ajustement de la régulation

Dans ce texte écrit quelques années avant la crise économique toujours en cours, le sociologue Jules Duchastel examine la manière dont l’application de l’idéologie néolibérale modifie la question de la légitimité politique en modernité. Ce faisant, l’auteur nous livre un texte éclairant, instructif et synthétique de plusieurs notions clés dans les débats actuels, notamment en ce qui a trait au néolibéralisme, la mondialisation, la citoyenneté, la société civile et la gouvernance. L’auteur montre comment le néolibéralisme poursuit le libéralisme et son projet d’une société régulée par des mécanismes et des procédures soi-disant neutres, dévoilant la part de croyance quasi aveugle au marché et à la démocratie qui les sous-tend. Questionnant les prétentions suivant lesquelles la gouvernance constituerait une nouvelle forme de participation démocratique, ces développements ouvrent néanmoins sur la possibilité d’une société civile mondiale qu’il faut encourager.
Jules Duchastel est l’ex-directeur et fondateur de la Chaire de recherche du Canada en Mondialisation, citoyenneté et démocratie de l’Université du Québec à Montréal (http://www.chaire-mcd.uqam.ca/). Cet article a paru originairement, sous le même titre, dans Raphaël Canet et Jules Duchastel (dir.), 2004, La régulation néolibérale. Crise ou ajustement ?, Montréal, Athéna, 390 p. ISBN 2-922865-26-6. Nous remercions les éditions Athéna pour l’autorisation de reprendre ce texte sur la RDMP. (FC)

The New-Economy Movement

On connaît en France l’économie sociale et solidaire, le microcrédit, les entreprises d’insertion, les SEL, le SOL etc. Et aux Etats-Unis ? Où l’on découvre (si on lit l’anglais) toute une efflorescence d’initiatives bien intéressantes.
Nous reproduisons cet article avec l’aimable autorisation de l’auteur et des éditeurs du site web "The Nation".

Les entreprises sociales

Laurent Gardin propose ici une analyse historique et internationale du concept d’entreprise sociale, et expose les enjeux et les difficultés de sa diffusion en France.

L’urgence sociale en action. Ethnographie du Samusocial
Revue du MAUSS semestrielle n°38. Emancipation, individuation, subjectivation
La sociologie comme philosophie politique et réciproquement
Vivre avec les animaux une utopie pour le XXIe siècle
Eloge de la pluralité. Conversation entre cultures et continuation de l’humanité, par Denis Duclos
(Re)penser la technique. Vers une technologie démocratique
Le médecin est-il aussi un guérisseur ?
L’Allemagne vue du don
Pour un manifeste du convivialisme
La connaissance sociologique
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