Fragments et esquisses d’une éthique mondiale

Présentation de la rubrique

Quels que soient les problèmes qui se posent à nous – explosion des inégalités, montée du crime organisé et de la corruption, déclin de l’idéal démocratique, nécessité de diminuer l’empreinte écologique et de préserver les ressources non-renouvelables grâce à la décroissance ou au développement durable etc. –, et par quelque bout qu’on les prenne, on est toujours reconduit à la même exigence incontournable : rien ne pourra se faire ou même simplement s’entreprendre, dans aucun domaine, si hommes et femmes de bonne volonté, partout dans le monde, ne partagent pas un minimum de valeurs communes et si ils ne savent pas qu’ils les partagent et mènent le même combat (s’ils ne partagent pas en somme des common knowledge values). Les religions héritées comme les idéologies de la modernité, libéralisme ou marxisme, ne suffisent pas ou plus à cette tache d’explicitation. On ne peut pas non plus s’attendre à ce que tout le monde se spécialise en philosophie morale et politique. C’est donc à tâtons qu’il nous faut chercher à nous mettre d’accord sur quelques principes, simples et peu nombreux, d’une action humaine commune potentiellement à l’échelle de la planète.

Cette rubrique se propose d’accueillir tous les textes et discussion qui sans être moralisateurs vont dans le sens d’une élucidation et d’une actualisation de ce que Mauss appelait le « roc de la morale éternelle ».

A.C., S. D.

Préambule

Nous l’ouvrons par un extrait d’un entretien de Cornélius Castoriadis conduit par Daniel Mermet dans son émission Là-bas si j’y suis le 25 novembre 1996. Castoriadis y pose très bien les termes du débat à mener.

Texte n° 1

Nous poursuivons en rappelant une sorte de « décalogue » présenté par Alain Caillé et Ahmet Insel dans le n° 20 de La Revue du MAUSS semestrielle. Mais les consonances religieuses du mot « décalogue » sont peut-être contre-productives et, en tout état de cause le « décalogue » paraissait encore trop touffu à A. Caillé qui a préféré récemment lui substituer un « heptalogue ». Toutes remarques et critiques sont bien venues.

Texte n° 2

Le deuxième texte que nous publions (avec l’autorisation de son auteur) est un article d’Edgar Morin paru dans le quotidien Le Monde du 24 avril 20007.

Texte n° 3

La Charte des responsabilités humaines soutenue par la Fondation Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme (FPH). Nous remercions PEKEA qui œuvre aussi à l’avènement d’une éthique mondiale, et en particulier Marc Humbert, d’avoir attiré notre attention sur cette charte.

Texte n°4

« Le socialisme est en lui-même une morale » écrit Jaures dans sa préface à la seconde édition de La morale sociale de Benoit Malon. Une belle invitation au combat et à l’espérance. On entend presque l’orateur.

Texte n°5

La diversité des croyances et des cultures de l’humanité laisse entrevoir une convergence morale... Quand Confucius, Jésus, Bouddha, Mahomet etc. se retrouvent autour d’une exigence première de réciprocité...

Document 6

Extrait d’une allocution radiophonique de Cornélius Castoriadis le 25 novembre 1996.

Texte 7

Ici, Paul Jorion nous invite à une réappropriation politique de notre destin économique abandonné à un ordre naturel fantasmé.

Texte 8

Didier Peyrat nous rappelle que si pour les hommes de gauche d’aujourd’hui, la morale c’est l’ennemi, pour les fondateurs de la sociologie française, le socialisme est une morale.

Texte 9

Si cet article n’est pas dans cette rubrique, il aurait pu s’y trouver. Sylvain Dzimira continue le dialogue avec les décroissants en discutant le décalogue puis l’heptalogue énoncés par Alain Caillé.

Texte 10

Après avoir montré que les systèmes d’éthique du bonheur, de l’honneur et du pur amour s’autoréfutent, Alain Caillé tente d’expliciter des éléments de la morale du don qui feraient droit à la fois au bonheur et à l’honneur.

Texte 11 (avec la voix de Durkheim)

« Vivre, c’est, avant tout, agir, agir sans compter, pour le plaisir d’agir » Émile Durkheim (1911)

Texte 12

Ce court texte est extrait de « L’irreligion de l’avenir »(1887), publié par le philosophe français Jean-Marie Guyau (1854-1888). Fils adoptif d’Alfred Fouillée, admiré par Nietzsche, Kropotkine et bien des socialistes français, comme Malon et Fournière, Guyau a développé sa philosophie dans un dialogue constant - et critique - avec l’utilitarisme de Bentham et l’évolutionnisme de Spencer (voir sa Morale anglaise contemporaine de 1879 et son Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction de 1885).
L’Irreligion de l’avenir fut saluée en son temps par Durkheim qui y voyait une contribution essentielle à la sociologie des religions (voir http://classiques.uqac.ca). L’extrait choisi résume quelques idées-force de sa morale de la vie et de la sympathie, développée dans le chapitre II de l’ouvrage qui a pour titre L’Association - ce qui subsistera des religions dans la vie sociale.

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// Article publié le 5 janvier 2008 Pour citer cet article : Alain Caillé, Sylvain Dzimira, « Fragments et esquisses d’une éthique mondiale, Présentation de la rubrique », Revue du MAUSS permanente, 5 janvier 2008 [en ligne].
http://www.journaldumauss.net/./?Fragments-et-esquisses-d-une
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