La morale sociale

Préface de Jean Jaures. Introduction de Philippe Chanial

Ed. Le bord de l’eau, Bibliothèque républicaine, mai 2007, 392 p., 22 €.

Présentation de l’éditeur

La Morale sociale (1885), justement préfacée par Jaurès, est certainement, avec son Socialisme intégral (1890), l’œuvre la plus représentative de la singularité du socialisme de Malon. Développant son rapport critique au matérialisme, manifestant sa volonté de contenir, au double sens du terme, le marxisme dans une nouvelle synthèse doctrinale qui laisserait toute sa place à la tradition socialiste française (Saint-Simon, Fourier, Pecqueur, Blanc, Proudhon), ce texte défend un socialisme moral.

De la même façon que Jaurès cherchait dans les replis du socialisme allemand, derrière son bouclier matérialiste, le souffle de l’idéalisme, Malon vise à intégraliser la pensée socialiste, à ranimer son « sentimentalisme généreux » contre le trop exclusif et réducteur fatalisme économique de ses lois historiques. Résolument évolutionniste, cette somme, passant en revue le développement de la morale sous ses formes religieuses, philosophiques, matérialistes et panthéistes, montre comment à chaque période historique réciprocité, altruisme et sociabilité progressent, combien le « frisson vivifiant de la sympathie universelle » s’y diffuse. Parce que la morale est avant tout le produit de l’organisation sociale, de l’association des hommes, son accomplissement exige le plus grand perfectionnement de l’association. C’est ce perfectionnement qu’incarne, pour Malon, le socialisme, et c’est par lui que s’instaurera une « forme d’association toujours plus étendue et plus perfectionnées [qui] amènera forcément une prédominance croissante des sentiments altruistes sur les sentiments égoïstes et, par suite, une forme socialiste ou solidariste des groupements humains ».

L’introduction à l’ouvrage [rédigée par P. Chanial], au-delà de la présentation de ce texte, tentera de restituer le parcours politique et l’ensemble de son œuvre doctrinal dans son contexte, mais aussi de souligner l’héritage malonien, fondamental de la genèse du socialisme républicain et réformiste français.

Benoît Malon (1841-1893) est l’une des grandes figures oubliées du socialisme français. Ce pur autodidacte d’origine paysanne, quittant – à pied - son Forez natal pour gagner la capitale, ouvrier teinturier à 22 ans, entre en politique dans les années 1860, tout d’abord dans la lignée d’un socialisme mutuelliste et fédéraliste, d’inspiration proudhonienne. Il devient ensuite dirigeant de la section française de l’Internationale avec Varlin, député puis communard. Après une longue période d’exil, il deviendra l’un des principaux protagonistes et théoricien – notamment dans le cadre de la Revue socialiste qu’il fonde et anime durant prés de 10 ans - d’un socialisme réformiste et républicain dont l’influence sur Jaurès est désormais reconnue.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

// Article publié le 26 mai 2007 Pour citer cet article : RDMP, « La morale sociale, Préface de Jean Jaures. Introduction de Philippe Chanial », Revue du MAUSS permanente, 26 mai 2007 [en ligne].
http://www.journaldumauss.net/./?La-morale-sociale
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette