Paul Cary, La politique introuvable ?

Expériences participatives à Recife (Brésil)

L’Harmattan, 280 p., 25,50 €

Présentation de l’éditeur

À Recife, capitale du Pernambouc, où plus de la moitié de la population vit dans des favelas, on observe une importante ségrégation spatiale, malgré les luttes grâce auxquelles les couches populaires ont réussi à peser politiquement. Dans un contexte socio-économique dégradé, l’élection à la mairie, en 2000, de João Paulo, du Parti des Travailleurs, a impulsé la tenue d’expériences destinées à dynamiser la démocratie : budget participatif et économie solidaire notamment.

Alors que se multiplient les interrogations sur les pratiques « participatives », cet ouvrage, à partir d’enquêtes de terrain, cherche à montrer que, malgré leurs avancées, ces expériences souffrent de nombreuses limites : mainmise du pouvoir exécutif sur leur déroulement, portée trop restreinte, etc. On peut donc les lire comme des politiques compensatoires, destinées aux « relégués », alors que les processus de fragmentation et de privatisation de la ville par les couches aisées se poursuivent.

Devant ces expériences limitées par des facteurs structurels (violence, division sociale, culture politique hostile à la démocratie) sur lesquels elles n’ont que peu de prise, il semble qu’on ne puisse aujourd’hui qu’observer des processus partiels et fragmentés d’institution collective de pratiques sociales créatives. C’est le cas par exemple quand, grâce au sport, au carnaval ou à la musique, on décèle des processus d’appropriation de l’espace urbain ou de création artistique. Dès lors, l’approfondissement de la dynamique démocratique reste lourdement en suspens.

L’un des chapitres en ligne dans Le Supplément du Mauss


(...) De l’idéal de la démocratie participative à sa réalisation effective,
le chemin est long et plus encore, montre P. Cary, lorsque les
inégalités sociales sont aussi vertigineuses qu’elles le sont au Brésil.
La démocratie participative ne saurait suffire à en venir à bout et elles faussent et pervertissent tout le processus. On lira ici une analyse très
informée, précise et sans concession à la fois de la grandeur de l’idéal
et de l’importance des démentis que lui inflige la pratique.

Alain Caillé, La revue du MAUSS Semestrielle n°30, « Vers une autre science économiques (et donc un autre monde) ? », 2007, MAUSS/La Découverte.


Dans la presse

Une enquête de terrain critique sur les expériences de démocratie participative de la ville de Recife au Brésil. Le contexte local et politique est très bien expliqué : plus de la moitié de la population de Recife vit dans des favelas, et son maire, du Parti des travailleurs, élu en 2000, est une sorte de « mini Lula ». Ancien métallurgiste et syndicaliste, il s’est proposé de renouveler la vie politique dans sa ville. Légalisation des bidonvilles, développement des infrastructures, mise en place d’un budget participatif, politiques dynamiques de lutte contre l’exclusion, passant par la mobilisation de ces populations... sont autant de mesures qui se sont néanmoins heurtées à la forte ségrégation urbaine, à une culture clientéliste et, surtout, aux contraintes pesant sur l’économie brésilienne : des taux d’intérêt trop élevés, une politique déflationniste et des restrictions budgétaires.

Naïri Nahapétian

Alternatives Economiques - n°260 - Juillet 2007

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// Article publié le 26 novembre 2007 Pour citer cet article : RDMP, « Paul Cary, La politique introuvable ? , Expériences participatives à Recife (Brésil) », Revue du MAUSS permanente, 26 novembre 2007 [en ligne].
http://www.journaldumauss.net/./?Paul-Cary-La-politique-introuvable
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