Norbert Alter. Donner et prendre.

La coopération en entreprise

Présentation de l’éditeur [1]

Ce livre aborde la principale énigme du monde du travail : la coopération. Elle est nécessaire au bon fonctionnement des entreprises, mais ne repose que sur la « bonne volonté » des opérateurs. La coopération ne s’explique en effet ni par l’intérêt économique, ni par la contrainte des procédures, ni par les normes de métier. Elle repose largement, au bout du compte, sur la seule volonté de donner : on donne aux autres parce que donner permet d’échanger et donc d’exister en entreprise.
Coopérer suppose en effet de créer des liens sociaux, par l’intermédiaire desquels circulent des biens, des informations, des services, des symboles, des rites ou des émotions, comme circulaient les dons dans les sociétés « primitives ». Mais, hier comme aujourd’hui, ces échanges ne peuvent être réduits à une série de comportements altruistes et pacifiques : donner représente également le moyen d’obliger, d’obtenir, de trahir ou de prendre. Et ce « commerce » se réalise au nom d’un tiers, qu’il se nomme métier, mission, projet, réseau ou entreprise. Celle-ci tire donc parti de cette ingéniosité collective qui se donne à elle, permettant le changement et le mouvement. Pour autant, loin de reconnaître ces générosités, elle dénie l’existence du don et privilégie les modes de gestion « modernes », qui préfèrent que salariés et employeurs soient quittes, plutôt que mutuellement endettés.
Norbert Alter aboutit ainsi à la mise en évidence d’un phénomène paradoxal, qui prend à rebours les discours du management ordinaire : le problème des organisations ne consiste pas à « mobiliser les salariés », mais à tirer parti de leur volonté de donner.

Collection : Textes à l’appui / Bibliothèque du M.A.U.S.S.
Parution : avril 2009
Nb de pages : 240
Prix : 20 €
ISBN : 9782707157522
Dimensions : 135 * 220 mm
Façonnage : Broché

Norbert Alter est professeur à l’université Paris-Dauphine. Spécialiste de la sociologie du monde du travail, il est l’auteur de nombreux livres, dont L’Innovation ordinaire (PUF, 2000). Il a travaillé durant douze ans dans une grande entreprise avant de rejoindre l’université.

L’introduction en ligne

Sommaire

Introduction - 1. Coopérer, c’est donner - Coordination et coopération - La face cachée de la coopération - Coopération et sciences humaines - La kula : un modèle d’analyse de l’échange social - Donner - Un acte volontaire, non obligatoire - Une finalité non directement économique - Le principe de dépense : la consumation - Recevoir - La dramatisation du geste - La manifestation de l’émotion - Rendre - La gratitude - Complicité, empathie et sympathie - La place de l’amitié - Coopération et échange social - 2. Donner, dominer et trahir - L’ambiguïté du don - Inégalités et capital social - Coopération et concurrence - Concurrence et conflit - Le jeu sur l’affectif - La trahison - Confiance et coopération - Trahison et coopération - Puissance et simulacres - Le goût du pouvoir - Être puissant et faire le généreux - Les raisons de donner et de prendre - 3. Mouvement et dynamique des échanges - Mouvement et mobilité du capital social - Du changement au mouvement - L’érosion des capitaux sociaux - Arrangements, travail invisible et irritation - Organisation et arrangement - « Je n’ai plus le temps de travailler » - Travail invisible et irritation - La conditionnalité des échanges - La valeur du geste - L’absence de délai - L’émotion qui naît de l’échange - Coopération et infidélité - « Bonnes relations » et infidélité - L’ambivalence des normes - 4. Donner pour éprouver le sentiment d’exister - Une réciprocité « généralisée » - Le plaisir de donner - Le « sentiment d’exister » - La place des émotions collectives - Mouvement et émotions - Le principe du partage des émotions - Le partage des émotions à France Télécom - Sentiment d’existeret collectif de travail - La coopération comme phénomène social total - Les principes de l’échange - Ce qui circule : les éléments de la sociabilité professionnelle - 5. L’interdiction de donner - Donner à l’entreprise - La soustraction de ressources au profit de l’entreprise - Le don de l’engagement - Une communication ritualisée - La logique du sacrifice -Management par l’aval et management par l’amont - L’interdiction de donner - Du territoire à l’espace productif - De la kula au gimwali - Du « geste » au compte - Économiser le temps et équilibrer l’échange - Tolérer le don - Le principe d’endettement mutuel - La valeur économique importe moins que la valeur du geste - La réciprocité suppose la gratitude - Le don suppose d’être transmis volontairement - Le refus de recevoir - Un sacrifice sans rituel - Festoyer sans consumer - 6. Ingratitude et engagement raisonné - Juger et reconnaître - La contribution subjective au mouvement - La rhétorique de la résistance au changement - Croyances et valeurs du management - Les croyances du management - Le « jugement de beauté » du management - Don et reconnaissance - La reconnaissance horizontale - La reconnaissance verticale - Agir pour la reconnaissance - Sens et reconnaissance - Donner ou calculer ? - Le don affinitaire - La tentation de l’égoïsme - Le don altruiste - La logique de la nostalgie - Conclusion - Bibliographie.

A lire également, sur ce site, une recension de l’ouvrage.

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// Article publié le 14 mai 2009 Pour citer cet article : RDMP, « Norbert Alter. Donner et prendre., La coopération en entreprise », Revue du MAUSS permanente, 14 mai 2009 [en ligne].
http://www.journaldumauss.net/./?Norbert-Alter-Donner-et-prendre
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