Les Trois écritures.

Langue, nombre, code.

Gallimard, « Bibliothèque des sciences humaines », Paris, 2007, 510 p., 29 €.

Spécialiste de l’histoire des écritures anciennes [1], C. Herrenschmidt
place cet ouvrage dans la continuité des réflexions de Benveniste et
Jakobson sur la réflexivité des langues humaines. Les langues sont
les seuls systèmes de communication qui soient en mesure d’expliquer
avec leurs moyens propres ce que signifient leurs signes, leurs
messages, la façon dont elles fonctionnent. C’est bien cette propriété
qui explique non seulement qu’il soit toujours possible de traduire
une langue dans une autre, mais aussi qu’on ait pu les transcrire.
« Pictogrammes, logogrammes, signes syllabiques et autres reposent
en leur existence même sur la fonction métalinguistique des langues,
sur leur réflexivité. ». écrire, c’est en effet analyser le langage, et cela
commence avec le pictogramme qui « constitue la forme la plus économique
possible d’énoncé réflexif de la langue sur elle-même et ses
signes » (p. 22). Le plus gros de l’ouvrage est en ce sens logiquement
consacré à une histoire particulièrement bien informée des écritures
anciennes, des systèmes logogrammatiques et idéogrammatiques aux
alphabets consonantiques puis vocaliques, chacun de ces systèmes
impliquant un mode différent de rapport entre les choses du monde
et les choses du langage. La deuxième partie propose une analyse
historique précieuse de l’écriture monétaire arithmétique, et l’ouvrage
se conclut par une réflexion sur la genèse et la logique de l’aventure
contemporaine de « l’écriture informatique et réticulaire ». Un ouvrage
de référence.

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// Article publié le 11 janvier 2008 Pour citer cet article : Jean-Pierre Terrail, « Les Trois écritures. , Langue, nombre, code. », Revue du MAUSS permanente, 11 janvier 2008 [en ligne].
http://www.journaldumauss.net/./?Les-Trois-ecritures
Notes

[1Cf. Jean Bottéro, Clarisse Herrenschmidt et Jean-Pierre Vernant, L’Orient ancien et nous, Albin Michel, Paris, 1996.

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