Au fil de l’actualité : prises de position, discussions, controverses, mais aussi informations de tous ordres sur l’actualité intellectuelle, la vie du MAUSS, etc.
Critiques et brèves de lecture MAUSSiennes
Sartre, Camus, Merleau-Ponty, à propos de "L’ordre libertaire : La vie philosophique d’Albert Camus", de Michel Onfray
Ce texte est extrait d'une recherche en cours, consacrée à la "Politique de Merleau-Ponty", et qui explique pourquoi Michel Onfray ne pouvait pas répondre à la question suivante : "Pouvez-vous citer un seul texte où Merleau-Ponty aurait attaqué Camus - alors (...)
Lutter contre la pauvreté, mais seulement à moitié
Pour poursuivre sur le croisement de la psychanalyse avec la science sociale (Cf. le Revue du MAUSS n° 37 et n° 38, 1er et 2e semestres 2011), ces deux textes de l’anthropologue québécois Jacques Leroux à partir de ses observations chez trois peuples algonquiens. Le premier texte était consacré au concept gestion patrimoniale (cf. http://www.journaldumauss.net/spip....), le second, ci-dessous, à la fonction paternelle.
Pour poursuivre sur le croisement de la psychanalyse avec la science sociale (Cf. le Revue du MAUSS n° 37 et n° 38, 1er et 2e semestres 2011), ces deux textes de l’anthropologue québécois Jacques Leroux à partir de ses observations chez trois peuples algonquiens. Ce premier texte est consacré au concept gestion patrimoniale, le second (cf. http://www.journaldumauss.net/spip....) à la fonction paternelle.
Dans ce court texte, Étienne Autant revient sur la question du caractère religieux ou non des fondements de la vie sociale. Les fondements de nos sociétés modernes, s’ils sont sacrés, sont-ils pour autant religieux ? L’auteur tranche en rejoignant Marcel Gauchet contre une perspective plus durkheimienne selon laquelle la modernité se serait bien déprise de ses fondements relevant d’un monde autre. L’un entraînant l’autre, l’auteur plaide ainsi en faveur d’une définition restreinte de la religion dont le foyer dernier résiderait dans la subjectivité et non dans le symbolique et le social. FG
Les médecins sont-ils des guérisseurs ? Mais d’abord, qu’est-ce que la guérison ? Et quels sont ses rapports avec le don, la transformation et le pouvoir ? Ce projet de recherche a été mené au Centre hospitalier universitaire mère-enfant Sainte-Justine de Montréal, un hôpital de haut niveau desservant une population multiculturelle.
Autour de l’altérité : quelques axes possibles d’échanges et de construction d’objet entre anthropologie et psychologie clinique. Un texte qui repose sur les échanges chaleureux que l’auteur a pu avoir avec Marcel Drach, Monique Sélim et Bernard Hours, et avec le regretté Gérard Althabe.
Le Supplément du MAUSS est le prolongement gratuit et en ligne de La Revue du MAUSS semestrielle. On y trouvera des articles et des working paper archivés sous forme de dossiers thématiques ainsi que des conférences audio et vidéo.
Cet article est extrait de l’ouvrage Pluralisme et école, dirigé par F. Ouellet, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1988, 617 pages. Remis à jour et corrigé par l’auteur en avril 2012.
Le hasard a fait que j’ai eu à comparer, il y a peu, les traductions existantes du très célèbre texte de R. Kipling connu en français sous le titre de La Prière. Je les ai trouvées soit trop lourdes et grandiloquentes, soit trop infidèle. Le texte de Kipling lui-même m’a semblé plus sobre et plus fort que dans mon souvenir. J’ai tenté d’en donner une traduction fidèle acceptable. Voici ma tentative. Alain Caillé
Ce texte a été présenté à l’École des Beaux-arts du Mans le 13 mars 2012 dans le cadre d’une semaine consacrée au rythme par l’Unité de recherche « Résonance, du sensible au sens ». Il a déjà paru sur le site RHUTHMOS.
Plus de détails encore (http://www.journaldumauss.net/spip....) sur les pourtours, l’avant et l’après, du grand texte de Mauss et Beuchat sur "Les variations saisonnières des sociétés eskimos".
Que peuvent apporter, dans la réflexion sur le « commun », les avancées qui ont été produites à la lisière de la science économique et de la science politique, sur les « communs » (commons) ? Plus précisément, que peut nous enseigner la « nouvelle économie politique des communs », dont l’une des représentantes les plus connues est Elinor Ostrom, « prix Nobel d’économie » en 2009 ?
Ce texte constitue le matériau d’une conférence tenue à l’université de Lille 1 le mardi 11 janvier 2011 dans le cadre d’un cycle des "Rendez-vous d’Archimède" consacré à l’Université. Deux autres conférences suivront : le mardi 8 février, Roland Gori sur le thème : "L’évaluation comme servitude volontaire" ; le mardi 15 mars, Christophe Charles, "Le projet universitaire républicain de la IIIe à la Ve République, science, démocratie et élites".
En Amérique latine, il y a un sentiment négatif très fort à l’égard du néolibéralisme, mais il est diffus et imprécis. Il manque, à mon avis, un débat plus rigoureux sur les fondements philosophiques et épistémologiques de la pensée dominante mondiale, ce qui exigerait une discussion sur la nature de l’utilitarisme, sur celle de l’anti-utilitarisme et sur leurs présences ambiguës dans le champ des sciences sociales en Amérique Latine. Si je constate que nous avons beaucoup avancé en ce qui concerne la critique de la colonisation des savoirs et des pouvoirs, c’est loin d’être le cas concernant la discussion sur l’anti-utilitarisme ; celle-ci reste très mal comprise dans les milieux académiques. Pour faire avancer le débat, il me semble qu’il faut articuler les approches théoriques anti-utilitariste et post-coloniale autour d’un but très noble du point de vue politique : la dénaturalisation de l’idéologie néolibérale qui a produit des conséquences néfastes dans la région. Les anti-utilitaristes peuvent offrir aux post-colonialistes des informations singulières sur la nature du capitalisme du marché et sur les issues anticapitalistes ; les post-coloniaux peuvent apporter aux anti-utilitaristes leurs réflexions originales sur l’importance des traditions émancipatrices ; sur les résistances politiques, culturelles et symboliques, toujours vivantes ; et sur les savoirs déconstructionnistes, susceptibles d’aider les antiutilitaristes à organiser une critique universaliste et différenciée. Le fait que je sois adhérent au MAUSS et dirigeant de l’ALAS (Association LatinoAméricaine de Sociologie) a facilité la rédaction de cette synthèse théorique. P. H. M.
Les organisations productives paysannes brésiliennes en prise avec le marché s’étayent sur des valeurs (confiance, loyauté, justice) qui sont inscrites dans les relations de réciprocité qu’entretiennent les personnes, ou encore dans le don. Que l’économie n’est pas un ordre autonome qui obéit à ses seules lois prétendument naturelles ...
Un beau panorama de l’économie populaire et solidaire au Brésil qui pointe sur les enjeux politiques de sa consolidation, précédé d’une présentation fort synthétique du cadre conceptuel que Genauto Carvalho de França Filho se donne pour l’appréhender.
Les textes ici présentés rendent compte des pratiques associationnistes dont sont porteurs les mouvements sociaux, l’économie sociale et solidaire ou encore les formes nouvelles de l’engagement démocratique.
En attendant de pouvoir publier – prochainement, nous l’espérons – un article en français de Genauto Cravalho de Franca Filho et alii, « L’enjeu de l´usage des monnaies sociales dans les Banques Communautaires de Développement (BCDs) au Brésil : étude de cas de la Banque Palmas » qui donne un aperçu très concret de ce qu’il est possible de faire avec les monnaies complémentaires pour stimuler l’économie solidaire et la lutte contre la pauvreté, on pourra se faire une première idée, avec ce texte en anglais, de l’ampleur de ces expériences brésiliennes, sans équivalent ailleurs dans le monde, semble-t-il. Elles semblent permettre, en effet, de surmonter l’échec des politiques de microcrédit – qui ne touchent pas vraiment les plus pauvres – en allant très au-delà de ce qui se cherche en France avec le SOL, qui n’embraye pas suffisamment sur l’économie. A.C.
Après les souvenirs de la vie d’autrefois à Peyriac-Minervois (http://www.journaldumauss.net/spip....), voici ceux que François Gauthier nous livre après le décès, survenu au printemps 2011, de son grand-père et la disparition de toute une génération québécoise.
On lira ici avec un grand intérêt et une certaine émotion, je crois, les souvenirs d’un habitant d’un village du Languedoc (Peyriac-Minervois), aujourd’hui âgé de plus de quatre-vingt dix ans, qui se souvient et nous dit à quoi y ressemblait la vie aux alentours de 1930. Son récit commence comme une énumération des métiers et des occupations des uns et des autres puis, peu à peu, la liste devient récit de mille petites choses, presque insignifiantes et pourtant si parlantes. Plusieurs choses sont frappantes. D’abord l’extrême dureté des conditions matérielles d’existence. Il n’y a aucun confort, la nourriture est pauvre. Le travail très pénible, surtout quand, de surcroît, il faut faire une cinquantaine de kilomètres chaque jour sur des vélos incertains et sans dérailleur pour y aller et en revenir. Mais, pour l’essentiel, le village vit en quasi-autarcie. Il forme une sorte de microcosme presque autosuffisant, comme en atteste l’incroyable quantité et diversité des métiers repérés par l’auteur de ce récit qui a souhaité rester anonyme. Une profusion et une variété qui laissent songeurs à notre époque ravagée par un chômage endémique et l’indifférenciation ou l’insignifiance relative des emplois, qu’ils soient précaires ou stables. Dans cet univers rural des années 1930, au contraire, chacun a un métier et une position spécifiques, aussi modestes soient-ils. Or, si Peyriac est un chef-lieu de canton – quand même ! –, il comptait à l’époque bien moins de mille habitants (et guère plus aujourd’hui). Imagine-t-on aujourd’hui neuf épiceries, deux boucheries, trois boulangeries, quatre laitiers etc. pour si peu de gens ?
Mais le plus saisissant, dans ce document, c’est la mémoire du narrateur. Doublement saisissante, en fait. D’abord pour l’exploit mnésique lui-même. À son âge ! Mais ce n’est pas, si l’on y réfléchit, le plus extraordinaire (encore que…). Non, le plus étonnant est de constater – puisque l’on s’en souvient encore à ce point – à quel point chacun comptait, était vivant et visible aux yeux de tous. Incarnait un être-au-monde spécifique et donc précieux. On voit là, en somme, rétrospectivement, un univers de socialité primaire extraordinairement dense et cohérent. Et mille choses encore, que je laisse au lecteur le soin de découvrir, s’il est un tant soit peu curieux du monde d’hier. A.C.
Dans ce texte écrit quelques années avant la crise économique toujours en cours, le sociologue Jules Duchastel examine la manière dont l’application de l’idéologie néolibérale modifie la question de la légitimité politique en modernité. Ce faisant, l’auteur nous livre un texte éclairant, instructif et synthétique de plusieurs notions clés dans les débats actuels, notamment en ce qui a trait au néolibéralisme, la mondialisation, la citoyenneté, la société civile et la gouvernance. L’auteur montre comment le néolibéralisme poursuit le libéralisme et son projet d’une société régulée par des mécanismes et des procédures soi-disant neutres, dévoilant la part de croyance quasi aveugle au marché et à la démocratie qui les sous-tend. Questionnant les prétentions suivant lesquelles la gouvernance constituerait une nouvelle forme de participation démocratique, ces développements ouvrent néanmoins sur la possibilité d’une société civile mondiale qu’il faut encourager.
Jules Duchastel est l’ex-directeur et fondateur de la Chaire de recherche du Canada en Mondialisation, citoyenneté et démocratie de l’Université du Québec à Montréal (http://www.chaire-mcd.uqam.ca/). Cet article a paru originairement, sous le même titre, dans Raphaël Canet et Jules Duchastel (dir.), 2004, La régulation néolibérale. Crise ou ajustement ?, Montréal, Athéna, 390 p. ISBN 2-922865-26-6. Nous remercions les éditions Athéna pour l’autorisation de reprendre ce texte sur la RDMP. (FC)
On connaît en France l’économie sociale et solidaire, le microcrédit, les entreprises d’insertion, les SEL, le SOL etc. Et aux Etats-Unis ? Où l’on découvre (si on lit l’anglais) toute une efflorescence d’initiatives bien intéressantes.
Nous reproduisons cet article avec l’aimable autorisation de l’auteur et des éditeurs du site web "The Nation".